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	<title>Sylvie Tescher &#187; Articles yoga</title>
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	<description>Enseignante de Yoga &#124; Méthode Feldenkrais</description>
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		<title>A propos de Sylvie Tescher</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 15:13:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles yoga]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvie Tescher]]></category>

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		<description><![CDATA[Télécharger l&#8217;article sur Sylvie Tescher]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.yoga-feldenkrais.lu/wp-content/uploads/2010/08/Article-Sylvie-06.pdf">Télécharger l&#8217;article sur Sylvie Tescher</a></p>
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		<title>Yoga Sutras</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 15:56:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles yoga]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Yogas Sutras Généralités L’Inde chante Patanjali. Portés par le souffle d’une mélopée, ses aphorismes prennent corps. Ils éveillent peu à peu une intuition ouverte, évolutive. Leur sens se décante. En fait, le Yoga s’apparente à une « psychomotricité » (c-à-d. le développement de capacités de connaissance et de transformation de soi -telles l’attention, la mémoire, l’éveil, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em> <strong>Les Yogas Sutras</strong></em></p>
<p><em>Généralités</em></p>
<p>L’Inde chante Patanjali. Portés par le souffle d’une  		mélopée, ses aphorismes prennent corps. Ils éveillent peu à peu une  		intuition ouverte, évolutive. Leur sens se décante.</p>
<p>En fait, le Yoga s’apparente à une « psychomotricité » (c-à-d.  		le développement de capacités de connaissance et de transformation de  		soi -telles l’attention, la mémoire, l’éveil, l’imagination, le rêve,  		l’intuition, la maîtrise de soi, etc.- par le travail du corps).  		L’enseignant de Yoga, au demeurant strictement fidèle aux techniques  		indiennes, a les moyens concrets d’établir un dialogue avec diverses  		disciplines éducatives et thérapeutiques occidentales.</p>
<p>Rappelons notre souci de proposer le Yoga à des personnes de tous âges,  		conditions et motivations ; ce, en des lieux aussi variés que l’école,   		l’hôpital, la prison, l’entreprise, le club de loisirs, la maison de  		retraite.</p>
<p>Le  		texte des Sutras figure dans le syllabus d’André Van Lysebeth. La  		traduction de Françoise Mazet (Albin Michel, Spiritualités vivantes, n°  		89) donne la version sanskrite. Les notes ci-dessous reprennent « en  		chœur » les temps forts du commentaire de papa.</p>
<p><em> L’arrêt  		des turbulences mentales</em></p>
<p>Trois mots définissent  		le Yoga de Patanjali : « <em>yoga citta vritti nirodha </em>».</p>
<p><em>* Citta</em></p>
<p>La terminaison en “ a “  		suggère une “substance”. Citta est le substrat des activités mentales  		(le matériau sur lequel s’appliquent des forces ; le lieu où s’exerce  		une dynamique). Cette « matière » est à la fois physique et mentale. En  		Yoga, « corps et mental » sont inséparables, parfois même  		indiscernables.</p>
<p>Nous avons donc la  		série : Cit, Citi, Citta :</p>
<p><em>Cit</em> : l’un des  		trois termes désignant le réel essentiel, accessible à l’expérience  		mystique ( <em>Sat Cit Ananda</em> ) tel qu’en témoignent les yogis.</p>
<p>Cit est lumière,  		conscience, éveil. Cit est énergie (Citshakti), d’où l’expression  		« conscience-énergie ».</p>
<p><em>Citi </em>désigne une  		réflexion. La lumière s’apparaît. Voilà un moment fondateur : le premier  		effet de Cit consiste à faire retour, se (re)connaître.</p>
<p>Citta – opaque,  		inconscient – relève de <em>Prakriti</em>. Citta tire sa lumière, sa  		lucidité, du lien entretenu avec <em>Purusha </em>(le couple primordial de  		la Conscience immuable et de la substance évolutive ; selon le <em> Sâmkhya</em>)</p>
<p>Citta interfère avec  		l’expérience cristalline de la « lumière incréée ». Les productions de  		Citta (noms et formes, mots et images ; <em>nâma-rûpa</em>) ont diverses  		origines et manifestations. Toutes font écran et provoquent l’« illusion  		d’optique » par laquelle nous croyons être ce qui nous arrive (dans la  		tête, le ventre ou ailleurs …).</p>
<p>Ces « formes » sont  		innombrables, fugaces, insaisissables : désirs, mémoires, sentiments,  		pensées conscientes/inconscientes, etc. Leur dynamique répond à de  		terribles forces (pulsions, désirs, émotions et motivations multiples et  		variées). Elles reposent principalement sur des couples d’opposés tels :  		plaisir/douleur, appétence/répulsion, amour/haine ; agrippement à  		soi-même, etc.</p>
<p>La fluidité nous  		renvoie au caractère dynamique, toujours recommencé, des « constructions  		mentales » ; qu’il s’agisse de configurations sensorielles, de  		réminiscences ou d’éprouvés.</p>
<p><em>* Vritti</em></p>
<p>Son étymologie (vrille)  		traduit le tourbillon, la turbulence.</p>
<p>Les   		« émotions » -  <em>vrittis</em> par excellence  -  proviennent de formes  		(sensibles, énergétiques) apprises en famille (et autour) et de matrices  		génétiquement programmées (Charles Darwin le notait déjà). Nous nous y  		coinçons généralement. Sachons les modifier, les dépasser. La peur, par  		exemple, a quantité de nuances et fluctuations instantanées. La musique  		rend bien ces constituants primaires de la sensibilité et leurs  		compositions indéfinies (à diverses échelles du temps).</p>
<p>Patanjali  		explicite quelques moteurs de la dynamique mentale – générateurs  		d’événements psychiques (pour le meilleur et pour le pire). Ces effets  		ont en commun de s’autoalimenter en permanence ; de générer toujours  		plus d’actes (le <em>karma </em>comme résultante du passé), les  		propensions et germes du futur (<em>vâsanas, samskâras</em>).</p>
<p>Suspendre ce  		« devenir » est un objectif du Yoga (à l’échelle de l’instant comme à  		celle de l’existence tout entière). Cela n’exclut nullement d’être  		« spectateur engagé » dans la vie, le jeu social, les forces et formes  		de l’histoire – cf. le Karma Yoga de Gandhi en particulier).</p>
<p>L’immersion  		dans la sensation est, paradoxalement, moyen privilégié d’installation  		d’une attention sensible et détachée. C’est une maîtrise de soi plus  		subtile et efficace que la domination des sens, maîtrise inhibitrice ou  		déni (= faire l’autruche).</p>
<p>Nous l’avons vu en  		relaxation. Nous l’avons également détaillé dans la respiration comme  		expression primaire de la sensibilité (cf. les fascicules  		correspondants).</p>
<p><em> </em></p>
<p><em>* Nirodha</em></p>
<p>Il s’agit  		de restriction, suspens, … certes, mais non de barrage, digue ou autre   		obstacle rigide. Le yogi manœuvre patiemment. Posé, assis (<em>âsana</em>)  		en équilibre stable, en deçà des antagonismes agités. Attention  		aiguisée, il affine le détachement sensible, le contrôle intuitif,  		l’apaisement progressif (d’où l’importance de la constance, la  		répétition, l’assiduité).</p>
<p>L’on n’évite pas les  		paradoxes dans la description concrète des voies et moyens du Yoga :  		éveillé-endormi, respirer en apnée, libéré-vivant, immobile en  		mouvement, maîtrisé-spontané, etc.</p>
<p>Patanjali en donne des  		exemples précis, pratiques :</p>
<p>I. 33     <em>L’amitié,  		la compassion, la gaieté clarifient et apaisent le mental ; ce  		comportement doit s’exercer indifféremment dans le bonheur et le  		malheur, vis-à-vis de ce qui nous fait du bien comme vis-à-vis de ce qui  		nous fait mal.</em></p>
<p><em>Sukha/dukha ; punya/apunya </em>:  		deux couples d’opposés (plaisant/douloureux ; bon/mauvais) appellent une  		même attitude d’ouverture, de compassion. Peu importent les  		« qualifications » de la sensibilité personnelle !  Ainsi s’apaise Citta.</p>
<p>L’amitié, la  		compassion, la capacité de s’ouvrir à l’autre sont au cœur de l’attitude  		décrite. Nous sommes loin du « narcissisme » dont certains suspectent le  		yoga.</p>
<p>I. 34     <em>L’expir et  		la suspension de la respiration produisent les mêmes effets.</em></p>
<p>Le travail respiratoire  		est réaffirmé. Cette fois il est évoqué dans son lien à la sensibilité  		(cf. l’expressivité du souffle ; la capacité de ressentir le souffle  		dans toutes ses fibres).</p>
<p>La pause expiratoire,  		base de la quiétude respiratoire, est soulignée.</p>
<p>Remarque : il est  		question ici de <em>vidhârana</em> (une suspension, une régulation) non de 		<em>kumbhaka</em> (arrêt prolongé, apnée).</p>
<p>I. 35     <em>La  		stabilité du mental peut aussi venir de son activité dans l’expérience  		sensorielle.</em></p>
<p>Ceci éclaire la valeur  		donnée aux expériences sensorielles. La pratique du yoga ne se réduit  		pas à une fixité inhibitrice des sensations. Le retrait des sens que  		Patanjali préconise par ailleurs ne repose pas sur la disqualification  		des sens.</p>
<p>I. 36     <em>Ou bien de  		l’expérience d’une sérénité lumineuse.</em></p>
<p>I.  37    <em>Ou auprès  		d’un être  sans désir.</em></p>
<p>L’empathie, la  		transmission tacite dans un partage dénué d’ego-centrisme serein.</p>
<p>I. 38     <em>Ou bien en  		rêve lucide.</em></p>
<p>Le travail spécifique  		de la vigilance est ici indiqué ; en particulier, le paradoxe du rêve  		lucide. Cela indique une voie d’approche de <em>turiya – </em>la quatrième  		modalité de la vigilance.</p>
<p>I. 39     <em>Ou encore  		par la méditation sur un objet attrayant.</em></p>
<p>En sept slokas,  		Patanjali désigne d’extraordinaires moyens de réalisation de soi.</p>
<p>Et d’ ajouter :</p>
<p>I. 41     T<em>urbulences  		apaisées, tout comme un cristal transparent reflète son support, le  		mental est totalement réceptif vis-à-vis du connaissant, du connu et de  		la connaissance.Tel est Samâpatti.</em></p>
<p>Nous retrouvons la  		conscience-reflet. De même voyons-nous la triple interaction du connu,  		du connaissant et de la connaissance : ils se déterminent mutuellement.  		Une attention lucide et détachée les contemple conjointement.</p>
<p>Une précision : « <em>grahana </em>»  		signifie saisie, préhension, captation (compréhension, aperception,  		etc.). Ce point note l’importance des « gestes ». Il nous faut « lâcher-prise »  		( des mains, mâchoires, yeux, nuque ; certes. Mais aussi des sentiments  		et autres « saisies et agrippements explicatifs » )</p>
<p>Evoquant  		« ce que la pensée ne peut concevoir mais par quoi la pensée est  		pensée » (Kena Upanishad, I, 4-8), La Bhagavad-Gita dit aussi (XIII,  		17-18)  :</p>
<p>« Cela est la lumière  		des lumières au-delà de l’obscurité. (…) C’est ainsi que le champ {de la  		connaissance}, la connaissance et l’objet de la connaissance peuvent  		être considérés comme une même entité »</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">En résumé</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>Le yoga valorise la pratique régulière, l’immobilité, la  		focalisation de l’attention, du corps ; le lâcher-prise (ce détachement  		sensible et orienté). Ainsi se dépouille et s’aiguise peu à peu l’ici-maintenant  		de l’expérience consciente.</p>
<p>Quand les formes surajoutées à la claire lumière de la  		conscience se dissipent, Cela-qui-connaît fait l’expérience de la  		Lumière à l’état pur (d’où la notion de « spectateur »). Elle est  		ouverte, illimitée ; dépourvue d’objet particulier, de forme, de  		représentation. Elle resplendit en sa vérité.</p>
<p>Cette présentation du Yoga tend à se banaliser, se  		ressasser. Tout l’art consiste à en retrouver la puissance initiatrice,  		l’éblouissement. Comment libérer nos capacités de rencontrer l’inconnu,  		le « tout autre » ?</p>
<p>Ne  		perdons pas de vue que nous cheminons en direction de « Cela » dont la 		<em>Kena Upanishad</em> dit :</p>
<p>« (…) Comment pourrions-nous l’expliquer ? Cette chose qui est autre que  		tout ce qui est connaissable est au-delà de l’Inconnu » (I, 3)</p>
<p>Et  		la Bhagavad Gîtâ de noter :</p>
<p>« (…) On ne peut affirmer que cela existe ou n’existe pas. (…) Cela (…)  		habite le cœur de tous » (Bh. G., XIII, 12-18)</p>
<p>La  		visée spirituelle, voire mystique, est essentielle au Yoga. Un  		enseignant doit être au clair avec ces perspectives (même s’il ne les  		développe pas au cours). Cet « aplomb identitaire » fonde la  		transmission, l’expérience partagée.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>Faire usage de Patanjali</em></p>
<p>Les traductions des aphorismes varient fortement. Raison de  		plus pour laisser le sens en suspens ; le décanter.</p>
<p>Voici l’exemple de versions à peine divergentes, ouvrant la voie à des  		techniques totalement différentes, voire opposées.</p>
<p>I, 38     :</p>
<p>*<em> Ou en fixant le mental sur une expérience de rêve, ou sur  		l’expérience du sommeil profond</em>. (A. Van Lysebeth)</p>
<p>*          <em>Ou bien en restant vigilant au cœur même du sommeil et des  		rêves</em>. (Fr. Mazet.)</p>
<p>*          <em>L’exploration de nos rêves, de notre sommeil et des  		expériences faites dans ces états ou en relation avec eux est un facteur  		de clarification pour certains de nos problèmes</em>.</p>
<p>(T.K.V. Desikachar, Yoga-Sûtra de Patranjali, Ed.  		Du Rocher, p. 33)</p>
<p>Une lecture s’oriente vers l’interprétation des rêves ou, tout au moins,  		l’utilisation de leur contenu pour résoudre des problèmes existentiels.  		Les autres se désintéressent du contenu et prennent la question de  		l’éveil/sommeil à bras-le-corps. Elles développent l’accès à la  		conscience-reflet, au Témoin présent même dans l’inconscience du  		sommeil.</p>
<p><em>I<strong>shvara,  		Om</strong></em> (Y. S., I, 24 à 27).</p>
<p>Ishvara désigne un être non-conditionné (hors-histoire : sans passé ni  		futur ; libre du devenir - auquel nous sommes assujettis). Il est sans  		karma, vâsanas, samskâras, etc. Est-ce un « sujet » (-<em>ish</em>) ?  		Est-ce une personne ? Si oui, l’étude comparative avec la Foi  		chrétienne, par exemple, appelle un examen attentif. Soulignons que le  		comparatisme mystique, religieux, psychologique nécessite une méthode  		rigoureuse. Gardons-nous de tout syncrétisme.</p>
<p>Ishvara est unique ; source de « grâce », de révélation. C’est l’<em>antar  		guru </em>(gourou intérieur) des premiers <em>rishis</em> (sages).</p>
<p>Omniprésent en Inde, Om chante Ishvara. Om dit toute parole possible,  		tous les états de conscience possibles. Ce vocable (<em>ekakshara</em>)  		incarne la forme connaissable de la transcendance. Om est <em>pranava</em>.</p>
<p>Sa  		répétition, qui n’a rien d’une incantation, en révèle peu à peu le sens.  		Elle fait écho à l’origine (et fin) de toute chose.</p>
<p><em> Pranavajapa</em> peut être audible (<em>vaikhari</em>),  		murmurée (<em>upânshu</em>), mentale (<em>mânasa</em>).</p>
<p>A :  		le soleil, l’éveil ; U : la lune, le rêve ; M : le feu, le sommeil  		profond ;</p>
<p>AUM : Citakâsha, <em>turiya</em>.</p>
<p>Om  		participe à tout rituel (<em>pûja</em>), tout geste sacré.</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;"> Gunas</span></em></strong></p>
<p>« Le  		mot <em>guna</em> (…) apparaît pour la première fois dans le sens  		particulier des trois tendances fondamentales dans la <em>Maitrî  		Upanishad</em>) »</p>
<p>« (…) cette triade pénètre toutes choses et apparaît à la base de tous  		les aspects de l’univers physique et mental. Ces trois forces  		fondamentales, ne peuvent, dans leur essence, être saisies par la pensée  		(…) » (A. Daniélou, Le Polythéisme hindou, p. 50).</p>
<p>Connotations :</p>
<p><em> Sattva</em> :                       légèreté,  		équilibre, subtilité, etc. ; rêve (<em>swapna</em>);</p>
<p><em> Tama</em> :                      inertie,  		lourdeur, etc. ; sommeil profond (= non-agir de la pensée,  		                                          <em>sushupti</em>);</p>
<p><em> Raja </em> :                   puissance  		d’expansion, expulsion ; force centrifuge ; dynamique  		                                                                        		d’action, … ; veille (<em>jagrat</em>);</p>
<p>Les  		qualités « sattviques » d’un élément favorisent sa sublimation, sa  		métamorphose évolutive (un « mental sattvique » facilite le passage au  		registre « sans pensée ni désir », au-delà du mental).</p>
<p>Les  		mêmes qualités s’appliquent aux faits physiques, psychiques, etc. et  		suggèrent des effets correspondants ; des résonances. Une alimentation  		rajasique (carnée) stimule et renforce les tempéraments de même type.</p>
<p><em>Tapas</em> :           ascèse : moyens de favoriser l’ardeur,  		d’activer le feu du Yoga.</p>
<p><em>Ishvarapranidhana </em>(II, 45) : l’abandon « à la grâce de Dieu ».  		Nous agissons. Nous faisons  des exercices. Mais, fondamentalement,  		notre tâche consiste à créer les « conditions de possibilité » de  		l’éclosion du yoga. Nous ne produisons rien. Nous nous rendons réceptifs  		aux effets possibles ( qui dépassent notre entendement et notre volonté  		).</p>
<p>C’est une ouverture à l’action du « tout autre » en soi, au don gratuit  		du « gourou intérieur ».</p>
<p>Ce détachement s’applique à l’échelle de l’instant (l’attention), de  		l’exercice, d’une série, et à celle de l’ensemble du cheminement.</p>
<p><em>Samtoshâ</em> ( sloka II, 42) : l’acceptation (non passive) des  		événements, des êtres et des choses transpose cette attitude à la vie  		quotidienne.</p>
<p>II. 6     <em>Le sentiment de l’ego vient du fait que l’on identifie le  		spectateur et le spectacle.</em></p>
<p>Décortiquer, explorer, ouvrir, l’expérience sensorielle est une base du  		travail yogique. Toutes les explorations cognitives sont essentielles ;  		d’où la nécessité des pratiques multiples et variées en la matière.</p>
<p>II. 21   <em>La raison d’être de ce qui est vu est seulement d’être vu.</em></p>
<p>II. 7 &#8211; 9 : relie les deux couples d’opposés par l’intermédiaire de la  		mémoire et l’anticipation :</p>
<p><em>Stûla/sukha</em> ; <em>râga/dvesha</em>.</p>
<p>Seule issue : l’ici-maintenant, la « sortie » du temps (celui du  		devenir, des désirs, craintes, etc. et autres morsures du « désir crispé  		de vivre », l’agrippement existentiel.</p>
<p>L’attention contemplative ouvre la voie.</p>
<p><em> </em></p>
<p><em> <strong>Les huit membres du Yoga</strong></em></p>
<p>(II, 29)             Il s’agit bien de « membres » non de niveaux sur  		une échelle. Une direction évolutive est indiquée, mais servons-nous de  		plusieurs membres à la fois !</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">Yama, niyama</span></em> : tout Yoga repose sur des valeurs morales,  		interpersonnelles, et l’art de se bien conduire.</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Asana – Pânayâma </span></em>:</strong></p>
<p>II, 46   :           <em>Sthirasukham âsana</em></p>
<p>Stable et agréable : deux caractères de définition de la posture.  		Mentionnons l’<em>âsanajeya</em> (la joie du yoga ! ! )</p>
<p>Après la résolution des dualités, des antagonismes conflictuels ( ce qui  		agite le singe dont nous attendons qu’il vienne s’asseoir au pied du  		piquet – colonne vertébrale ),</p>
<p>Par l’abandon à l’illimité, aux espaces ouverts de la conscience  		détachée (et à l’expérience d’un « ici-maintenant » décrispé du besoin  		de se situer, s’identifier, se repérer ….) – le <em>prânayâma</em> s’installe (il résout les dualités inspir/expir par le rythme, le débit,  		l’insertion en des lieux mystérieux du corps et, surtout, le suspens).</p>
<p>Le rôle du suspens est tel que la durée d’immobilité du geste  		respiratoire peut être critère des divers degrés ou moments d’évolution  		en l’ <em>Ashtanga Yoga</em> (Yoga au huit membres).</p>
<p>(II, 49 – 51)</p>
<p>Le Souffle libère la Lumière (l’incréée <em>prakâsha</em>, expression de  		la conscience). Ainsi accédons- nous aux diverses modalités de la  		méditation yogique.</p>
<p>Patanjali insiste sur la suspension du « respir manifeste ». Ce  « nirodha  		de la respiration » ouvre à l’expérience du souffle.</p>
<p>En particulier, notons la belle énigme :</p>
<p>II, 51   : <em> Une quatrième modalité de la respiration dépasse  		le plan de conscience où                      l’on distingue inspir et  		expir</em></p>
<p>(Fr. Mazet.)</p>
<p><em> L’autre forme de pranayama est l’arrêt du  		souffle causé par la concentration                 sur un objet  		extérieur ou intérieur</em></p>
<p>(A. Van Lysebeth)</p>
<p><em> </em></p>
<p><em> Alors le souffle transcende le plan de la  		conscience</em></p>
<p>(T.K.V. Desikachar)</p>
<p>Swami Shivananda précise que cette quatrième modalité est <em>Kevala  		Kumbhaka</em>, la plus haute forme de pranayama (Raja Yoga of Patanjali,  		Divine Life Society, Rishikesh, 1950 ; p. 127).</p>
<p>Soulignons que Patanjali ne détaille pas l’énergétique du souffle. Le  		terme <em>kundalîni</em> ne figure d’ailleurs pas dans les Sûtras.</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Pratyâhâra</span></em></strong></p>
<p>Retrait des sens : voir les syllabus et fascicule n°4 (pp. 13 et 14)</p>
<p>II, 45   <em>Par l’abandon à Ishvara, s’accomplit la réalisation du  		Samâdhi</em></p>
<p>Point n’est besoin de pratiques multiples et variées. L’essentiel :  		s’abandonner, s’ouvrir à l’action d’une Puissance inspiratrice,  		transcendante. Celle-là même qui inspira les yogis originaires.</p>
<p>Une pratique « volontariste » est aux antipodes cet abandon ; de même la  		recherche d’effets sous l’œil de l’ego.</p>
<p>Ce cinquième membre achève le <em>bahiranga yoga </em>(ascèse « externe »  		préparatoire à une « intériorisation » sans commune mesure avec la  		concentration). Au terme de Pratyâhâra, l’adepte isole Citta.</p>
<p>II, 54   <em>Quand le mental n’est plus identifié avec son champ  		d’expérience, il y a comme une réorientation des sens vers le Soi</em></p>
<p>(Fr. Mazet)</p>
<p><em>Quand le mental est retiré des objets extérieurs, que les organes des  		sens se retirent des divers objets et représentations et imitent le  		mental, cela s’appelle pratyahara</em></p>
<p>(A. Van Lysebeth)</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Dharâna, Dhyâna</span></em></strong></p>
<p><em>Samyam </em>désigne la conjonction de <em>Dharâna, Dhyâna </em>et <em> Samâdhi</em>.</p>
<p>Libéré du champ (externe), le psychisme se dissout désormais en des  		éléments subtils &#8211; les constituants ultimes de la manifestation. Il les  		connaît, les « travaille » de l’intérieur.</p>
<p>Plus intense que <em>Tratak </em>ou <em>Ekâgrata</em>, <em>Samyam </em> développe des intuitions et pouvoirs fabuleux :</p>
<p>présages, les réminiscences, etc. Il absorbe dans : le soleil, la lune,  		l’étoile polaire, la pensée d’autrui (III, 19). Mais Patanjali d’ajouter  		aussitôt (III, 20) :</p>
<p><em>Mais on ne connaît pas le Centre : l’essence de l’être ne peut être  		objet d’investigation</em>.</p>
<p>Le Samyam peut viser divers foyers corporels et susciter une intuition  		essentielle (gnose, <em>jñâna</em>) correspondante. Ces « sciences  		infuses » émanent de divers foyers :</p>
<p>Nâbhi  		(ombilic) : fait connaître la physiologie subtile</p>
<p>Kantha  		(gorge): supprime faim et  		soif                                                              		            Kurma (poitrine): stabilise</p>
<p>Hrid (cœur) :  		révèle les secrets du psychisme</p>
<p>Swami Shivananda cite des exemples légendaires :</p>
<p>-          l’entrée dans le corps d’autrui (III, 39) : Sankaracharya  		entra mentalement dans la dépouille du Raja de Bénarès et la ranima;</p>
<p>-          par la pratique de <em>Keshari Mûdra,</em> le yogi se nourrit  		du nectar coulant de <em>Sahasrâra</em> (p. 309)</p>
<p>Le Samyam ouvre l’accès à des expériences sensorielles indépendantes des  		organes des sens. Mais, <em>ces</em> <em>perceptions para-normales sont des  		obstacles dans la voie du Samâdhi quand leurs pouvoirs s’écartent du  		Centre</em> (III, 38). Les versets III, 51 et 52 répètent la mise en  		garde.</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"> </span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"> </span></em></p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Samâdh</span>i</em></strong></p>
<p>III, 3    :           <em>Quand la conscience est en relation avec Cela  		même qui n’a pas de forme,                      c’est le Samâdhi</em></p>
<p>Les derniers slokas éclairent les premiers :</p>
<p>IV, 30  <em>Grâce à cette forme de Samâdhi, cessent les causes de  		souffrance et le Karma</em>.</p>
<p>Les <em>kleshas</em> (causes du fourvoiement originaire et des douleurs  		qui s’en suivent) et le moteur du devenir - les processus du <em>karma </em>–  		s’arrêtent (<em>nirvritti</em>)</p>
<p>IV, 31  <em>Et, en regard de l’immensité de la Connaissance libre de  		toute obscurité et de toute        impureté, le domaine du savoir est  		insignifiant</em>.</p>
<p>(Fr. Mazet)</p>
<p>IV, 31  <em>Lorsqu’un mental est libéré des voiles qui empêchaient la  		perception, tout est connu,      plus rien n’est à connaître</em>.<em> </em></p>
<p>(T.K.V. Desikachar)</p>
<p>IV, 32  <em>Alors le processus de transformation des Gunas arrive à son  		terme, leur raison d’être    ayant été réalisée</em>.<em> </em></p>
<p>(Fr. Mazet)</p>
<p>IV, 34 <em>La réabsorption des Gunas, privées de leur raison d’être, par  		rapport au Purusha,         marque l’état d’isolement de la conscience  		dans sa forme originelle</em>.</p>
<p><em> </em>(Fr. Mazet)</p>
<p>IV, 34<em> Lorsque le but suprême de la vie est accompli, les trois  		qualités fondamentales    n’incitent plus le mental à réagir. C’est la  		liberté. En d’autres termes, « ce qui            perçoit » se présente  		sans aucune coloration du mental. Fin. </em></p>
<p>(T.K.V. Desikachar)</p>
<p>La conscience est ici nommée : <em>Citishakti</em>. Elle retrouve son  		essence (<em>svarûpa</em>). Ce retour aux sources, véritable évolution à  		rebours (<em>pratiprasava</em>) du travail des <em>gunas</em>, restaure la  		splendeur inaltérée de <em>Purusha</em>.</p>
<p>Vérité du Soi (<em>svarûpa)</em> reconnue, nous sommes déconditionnés,  		autonomes (<em>kaivalya</em>).</p>
<p>Le <em>Jivanmukti, </em>Sujet Libre, connaît la formule védique :</p>
<p><em> Tat tvam asi</em></p>
<p>Tu es Cela</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"> Trimurti</span></em></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"> </span></em></p>
<p>Triple figure mythique, la Trimurti représente la dynamique à l’œuvre  		dans la manifestation.</p>
<p>Son  		action anime le jeu, la magie créatrice des formes de l’être,  <em>Mâyâ</em>.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><em>VISHNU</em></strong></p>
<p>Lorsqu&#8217;il dort, l&#8217;univers se dissout en latence. Il est  		identifié à l&#8217;état de rêve (<em>swapna </em>).</p>
<p>L&#8217;être involué est figuré par le serpent <em>Shesha  ( </em>ou <em>Ananta </em>) enroulé sur lui-même, flottant sur les eaux. Vishnu assoupi est  		appelé <em>Nârâyana. </em></p>
<p>Parmi ses attributs :</p>
<p>-la conque : elle rend la vibration originelle audible;</p>
<p>-la guirlande représente la <em>Mâyâ</em> ;</p>
<p>Il a dix <em>Avâtaras </em>, dont Krishna et Bouddha. Kalki reste attendu.</p>
<p><em> </em></p>
<p><strong><em>SHIVA</em></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Les Upanishads le décrivent comme un abîme sans fond :  		« par-delà cette obscurité, ne se trouve ni jour, ni nuit; ni existence,  		ni non-existence »</p>
<p>Appelé, roi de la danse (<em>Natarâja</em>), au-cou-bleu (<em>Nîlakantha</em>),  		couronné-de-lune (<em>Chandra Shekara</em>), support-du-Gange (<em>Gangâdhara</em>),  		au-collier-de-crânes (<em>Kapâlamâlin</em>),&#8230;</p>
<p>Shiva, vêtu d&#8217;espace (<em>Digambar</em>), couvert de cendres, est <em>Mahâ  		Yogi </em>(le grand yogi).</p>
<p>Ses yeux sont le soleil, la lune, le feu. Son trident : <em>Idâ, Pingalâ,  		Sushumna.</em> Les cendres sont le résidu de la crémation créatrice des  		foyers du corps subtil. Le <em>damaru </em>est l&#8217;instrument de la  		pulsation originelle (le <em>bindu </em>mis en branle).</p>
<p>Sa monture : le joyeux taureau, <em>Nandi</em>.</p>
<p>Le croissant de lune porté en diadème n&#8217;est autre que la coupe d&#8217;élixir  		sacrificiel (<em>Soma</em>).</p>
<p>Le territoire de l’Inde, corps sacré, symbolique, a cinq lieux sacrés où  		s&#8217;élèvent les temples dédiés aux signes (<em>Linga</em>) de la puissance  		de Shiva :</p>
<p>à Kânchi correspond la terre;</p>
<p>Kâshî, l&#8217;eau;</p>
<p>Tiruvanamalai,  le feu;</p>
<p>Kâlahasti, l&#8217;air;</p>
<p>Chidambaram, l’extension (<em>akâsha</em>, dont les espaces physique et  		psychique sont l’expression).</p>
<p>Ramâna Mahârishi vécut au Mont Rouge, le lingam de feu d&#8217;<em>Arunâchala </em>(à Tiruvanamalai).</p>
<p><strong><em>BRAHMA</em></strong></p>
<p>Envisagé comme l&#8217;oeuf d&#8217;or (<em>Hiranyagarbha</em>) dont  		naquit l&#8217;univers, il est la première entité existante. Il est né-de-soi  		(<em>Svayambhû</em>) et progéniteur universel (<em>Prajâpati</em>). Quand la  		manifestation réapparaît dans le sommeil de Vishnu, il vit au coeur du  		lotus issu de son ombilic.</p>
<p>Brahmâ est vénéré dans le temple Pushkar près d&#8217;Almer (Rajpustan).</p>
<p>Sa monture est <em>Hamsa ,</em> le cygne du souffle vital.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> Glossaire de base</span> :</p>
<p><em> </em></p>
<p><em> Bîja                            : semence, germe, graine</em></p>
<p><em> Bindu                         : point sans dimension, foyer originel ;  		concentré d’Etre </em></p>
<p><em> Cit                             : Conscience-Lumière originelle</em></p>
<p><em> Cittavritti                  : turbulence du mental </em></p>
<p><em> Drashtar                    : Spectateur, Témoin immuable</em></p>
<p><em> (Soi,  Cela qui fait l’expérience de  		la Lumière-Conscience)</em></p>
<p><em> guna                          : qualité( essentielle, active)</em></p>
<p><em> Gourou                      : maître spirituel</em></p>
<p><em> Ishvâra                      : Personnification de la Conscience  		absolue ; gourou des rishis </em></p>
<p><em> japa                           : mélopée, incantation</em></p>
<p><em> jñana                         : connaissance (transformatrice,  		révélatrice)</em></p>
<p><em> Kaivalya                    : autonomie, déconditionnement, liberté  		essentielle </em></p>
<p><em> karma                        :déterminisme des actes (résultante du  		passé, germe du futur,                                                                     		rets du devenir)</em></p>
<p><em> klesha                        :obstacle, écran, effet  de l’ « illusion  		originelle » - cause de                                                                      		fourvoiement, donc de douleur</em></p>
<p><em> Mantra                      :vocable, moyen d’élucidation  du « réel  		vibratoire »</em></p>
<p><em> nidrâ                          :sommeil (l’Eveil Quatrième est « turiya»)</em></p>
<p><em> Om                             :condensé de parole, vibration  		essentielle, expression primaire                                		                                    		de l’être (pranâva, omkâr, Ishvâra…)</em></p>
<p><em> Purusha                     :pôle du couple originaire </em>; 		<em>Cit</em></p>
<p><em> Prakriti                     :L’autre pôle de la  « dynamique  		originaire ». De Prakriti                                       		                                     		émanent toutes les formes et forces de la « manifestation »</em></p>
<p><em>(Sva)rupa  		                 : forme (vraie, essentielle)</em></p>
<p><em> samâdhi                     :Connaissance mystique, ultime, expérience  		de la Lumière </em></p>
<p><em> Samkhya                    :L’un des six points de vue philosophiques  		classiques de l’Inde</em></p>
<p><em> (n’envisage pas le Tantra, par  		ex.). Associé au Yoga. </em></p>
<p><em> samskâra                   :souvenir, trace, réminiscence, mémoire  		agissante</em></p>
<p><em> vâsanas                      :tendance, penchant, propension, (im)  		pulsion </em></p>
<p><em> Yoga                           :-yug ;   joindre, unir, (ré)intégrer</em></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">© Willy Van Lysebeth  Tous droits réservés</span></p>
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		<title>Le souffle, La relaxation…</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 15:55:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles yoga]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Souffle par Willy Van Lysebeth Fonctions du respir La régulation des pressions partielles d’oxygène et d’anhydride carbonique est  permanente en chaque cellule. La respiration est « stimulus » cellulaire ininterrompu, presque immédiat. C’est donc un moyen d’(inter)action, de « contact », privilégié. Coeur-diaphragme-poumons interagissent étroitement (la respiration retentit sur le rythme cardiaque et la circulation sanguine). Parfois méconnus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Souffle par Willy Van Lysebeth<br />
</strong></p>
<p><strong><em>Fonctions du respir</em></strong></p>
<p>La régulation des pressions partielles d’oxygène et  			d’anhydride carbonique est  permanente en chaque cellule. La  			respiration est « stimulus » cellulaire ininterrompu, presque  			immédiat. C’est donc un moyen d’(inter)action, de « contact »,  			privilégié.</p>
<p>Coeur-diaphragme-poumons interagissent étroitement (la  			respiration retentit sur le rythme cardiaque et la circulation  			sanguine).</p>
<p>Parfois méconnus, <span style="text-decoration: underline;">les liens</span> dynamiques, réciproques, entre <span style="text-decoration: underline;"> diaphragme et colonne vertébrale</span> ont une extrême importance.  			Nombre de mouvements abdominaux mobilisent la colonne; de même, la  			souplesse vertébrale libère le souffle et favorise la transmission  			des ondes nées du ventre.</p>
<p>Le massage des viscères abdominaux par le diaphragme fonde toute une  			gestuelle viscérale (base de nombreux <em>kriyas</em>).</p>
<p>A  propos de fonctions végétatives, soulignons le statut  			mixte de la respiration : elle est tout à la fois autonome, réflexe,  			et volontaire (susceptible d’être mise sous contrôle conscient,  			cortical). Interface entre deux systèmes, elle ouvre une voie royale  			d’accès aux automatismes vitaux.</p>
<p><em> </em>La respiration influence le  tonus, l’éveil,  			l’attention; ce, par ses effets physico-chimiques sur les centres  			nerveux et grâce au rythme qu’elle installe en nous.</p>
<p>Détente et méditation reposent sur le respir.</p>
<p>Insistons encore sur l’expressivité du souffle. Il ne se  			borne pas à manifester, communiquer, les émotions. Il participe à  			leur  formation. Chaque émotion a (… « est » ! ) sa respiration (le  			fascicule précédent le soulignait déjà).</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Gestes  respiratoires</span></em></strong></p>
<p><strong><em>Principes de base</em></strong></p>
<ul>
<li><em> </em>rôle primordial du diaphragme (à noter : ce muscle  				n’est décontracté qu’en pause expiratoire);</li>
<li>priorité  				à l’expiration;</li>
<li>détente du ventre (plexus, viscères apaisés; sangle tonique);</li>
<li>colonne vertébrale libérée, voire érotisée<a href="http://yoga-feldenkrais.lu/Articles/Vanlysebeth.htm#_ftn1">[1]</a> (la « vertébralisation » de l’étrange pulsation logée dans le  				ventre s’appréhende en douceur par le toucher interne et    				le déploiement, la transmutation du respir en souffle) ;</li>
<li>différenciation des forces au travail;</li>
<li>régulation des flux : débit (minimum et  constant), durée des  				phases, rythmes et rapports;</li>
<li>l’expir détend, l’inspir stimule; les apnées correspondantes  				accentuent ces effets (principe applicable aux postures et à  				leur assimilation ; cfr. : les interactions entre <em>anna-,  				prâna- et mânomâya koshas</em>) ;</li>
<li>polarité des narines : lune &#8211; soleil; (gauche/droite);  				dominance périodique (toutes les deux heures, soit 5 <em>nâdikas</em>);</li>
<li>flux et courants internes, subtils, guidés par le geste  				respiratoir</li>
<li>l’apnée n’est pas une rétention. Elle naît de la pause  				expiratoire. Il me paraît <span style="text-decoration: underline;">contre-indiqué de « bloquer » la  				respiration</span> tant que l’intuition de cette pause n’est pas  				approfondie par un lâcher prise essentiel. Ce détachement  				sensible &#8211; celui du « spectateur engagé » &#8211; vis-à-vis du besoin  				de respirer ouvre l’accès à l’apnée. <em>Khumbaka</em> s’expérimente apaisé, en animation suspendue.</li>
</ul>
<p><a href="http://yoga-feldenkrais.lu/Articles/Vanlysebeth.htm#_ftnref1">[1]</a> L’érogénéité vertébrale mérite plus qu’une  			incise.</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">La pause expiratoire révèle les ressorts du   			respir.</span></em></strong></p>
<p>Elle a de multiples facettes :</p>
<p>-immobilité du geste  			respiratoire;</p>
<p>-fusion  			corps-esprit;</p>
<p>-satiété  			essentielle;</p>
<p>-non-dualité  			inspir/expir;</p>
<p>-élaboration de  			la nuance entre besoin et désir de respirer;</p>
<p>-sublimation du  			respir (respirer en apnée);</p>
<p>-arrêt de la  			pensée.</p>
<p>A souligner : le sanskrit désigne l’apnée <em>kumbhaka </em> (jarre)   			par un contenant ouvert !</p>
<p>Les techniques respiratoires ne peuvent brider le  			diaphragme. L’excès de maîtrise, de compétence technique, barre  			l’accès au souffle. Il en va de même des postures.</p>
<p>L’art du souffle favorise l’émergence de formes-types (des  			archétypes ?). Ce sont des formes spontanées, improvisées, malgré  			leur définition millimétrée.</p>
<p>L’immobilité posturale est animée, rythmée, dansée &#8230; <em>Shiva</em>,  			figure emblématique du Yoga, n’est-il pas « Seigneur de la danse » ?</p>
<p>Le rapprochement phonématique Shiva-shava n’est pas vide de sens non  			plus. En effet, « i » traduit l’éveil (comme dans <em>citi</em>),  			« a » dénote l’inertie. Shiva est parfois représenté en « cadavre  			vivant » : un œil ouvert, l’autre clos.</p>
<ul>
<li>rapport intime (dès l’embryogenèse !) entre peau et système  				nerveux. La peau respire.</li>
<li>Les touchers (massages, frictions, effleurements) et <em>mudrâs </em>font partie intégrante de l’énergétique du souffle, le <em> prânayâma</em>.</li>
<li>forme posturale, tracé de gestes (internes et externes, amples  				ou infimes, effectifs ou évoqués), ondes du souffle, cibles de  				l’attention, dessinent des schèmes, des <em>yantras</em>. Ces  				diagrammes sont l’épure de l’expérience du souffle. Ils  				l’explicitent, la suscitent, l’orientent.</li>
</ul>
<p>Image abstraite, réduite à sa plus simple expression, le <em>yantra </em>est un « support de méditation » avec lequel entrer en  			résonance. Ainsi révèle-t-il l’énigme du souffle. Il s’apparente au  			labyrinthe, parcours mystérieux du cheminement initiatique marqué  			sur le sol de lieux sacrés tels la cathédrale de Chartres.</p>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;"> Lignes directrices d’une énergétique du  			souffle</span></em><span style="text-decoration: underline;"> : </span></strong></p>
<p>L’énergétique du souffle a pour fondements :</p>
<p>L’assise stable et agréable (l’<em>âsana</em>). L’immobilité  			posturale. L’aperception des flux et rythmes sous-jacents aux jeux  			du respir. La dissolution du psychisme dans l’expérience du souffle.  			Les paradoxes évolutifs : respirer en apnée, danser immobile,  			travailler la complémentarité des couples d’opposés :  			centrifuge/centripète, éveil/sommeil, etc.). Transmutations du  			respir.</p>
<p>Une attention particulière est portée aux interstices, jonctions,   			inflexions, transitions et passages.</p>
<p>Lieu significatif -creuset de forces pulsionnelles : le ventre,  			associé aux yeux (voir l’énigmatique lien entre les  			yeux-diaphragme-éprouvé labyrinthique ; ces puissantes interactions  			ne sont pas réductibles au nystagmus ! !), à la colonne vertébrale,  			au toucher, &#8230;</p>
<p>Cette « pneumatique » active les puissances latentes. Veillons à les  			contenir, puis guider leurs pulsations, ondes et résonances.</p>
<p>L’apnée, <em>Kumbhak,</em> est dite soit <em>sahita</em> lorsqu’elle suit l’inspir ou l’expir; soit <em>kevala</em> : libre,  			autonome, ni inspiratoire ni expiratoire. A noter : la similitude <em> kevala-kaivalya</em>. Cette dernière modalité de l’être exprime la  			liberté essentielle que vise le yogi; l’affranchissement du devenir,  			de la dualité (de paires  d’opposés comme : attraction/répulsion,  			plaisir/douleur, vie/mort).</p>
<p>En <em>kaivalya, </em>la conscience-énergie (<em>Cit-Shakti</em>)  			retrouve sa vérité, sa &laquo;&nbsp;forme&nbsp;&raquo; essentielle (<em>svarûpa</em>).  			Patanjali décrit <em>kaivalya</em> en détails (cfr. II, 25; III, 51 et  			56; IV, 26 et 34).</p>
<p><strong><em>Mots-clés</em> :</strong></p>
<ul>
<li>pulsation, rythme, suspens, apnée;</li>
<li>interstices, jonctions, paradoxes et inclusions réciproques :</li>
</ul>
<p>-inspir/expir;</p>
<p>-éveil/sommeil;</p>
<p>-immobilité/mouvement;</p>
<p>-vie/mort;</p>
<p>-lune, soleil;</p>
<p>-Yamunâ, Gangâ, Sarasvatî;</p>
<ul>
<li>flux, inversions, inflexions, confluence, attention;</li>
<li>jonction, jeu, jouissance, spontanéité, danse;</li>
<li>puissance, force, pulsion, énergie, souffle;</li>
<li>lucidité, conscience, lumière.</li>
</ul>
<p><strong><em><span style="text-decoration: underline;">Mesures traditionnelles du souffle :</span></em></strong></p>
<p>Longueur  :       <em>angula</em>:           largeur de doigt</p>
<p>Durée       :       <em>mâtrâ</em> :           claquement de doigts  			et/ou  tour de genou</p>
<p><em>pala</em> :           clin d’œil</p>
<p><em> muhûrta</em> = 48 minutes (il y a 30 <em> kalâs</em> par <em>muhûrta</em>; en effet : 48 min. = 2880 sec = 30 x  			96).</p>
<p>Un journée comprend 30 <em>muhûrtas (60 ghatika ou nâdika)</em>.</p>
<p><em> shvâsa</em> :          le temps que met un  			homme profondément endormi à faire une respiration</p>
<p><em>nâdikâ</em> :          24 minutes</p>
<p>La dominance des narines alterne après cinq <em>nâdikâs</em> (soit  			deux heures).</p>
<p>Chaque cycle se décompose en cinq phases correspondant aux éléments  			de plus en plus subtils :</p>
<p><em>prithivî</em> (terre)                     			: 1 ½ <em>nâdikâ</em> (36 minutes);</p>
<p><em>apa </em>(eau)                             			: 1 ¼ N. (30 min.);</p>
<p><em>tejas</em> (feu, ardeur lucide)     : 1 N. (24  			min.) ;</p>
<p><em>vâyu</em> (vent)                          			: ¾ N. 18 min.);</p>
<p><em>akâsha</em> (espace, extension) : ½  N.(12 min.).<em> </em></p>
<p>La finesse du souffle est inversement proportionnelle à la longueur  			du respir manifeste. Elle ouvre sur l’apnée, ses ondes, ses formes.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;"> Souffle et posture</span></strong></p>
<p>La posture est forme vécue, habitée.</p>
<p>Les qualités de stabilité, constance, détente et attention ouvrent  			une aire d’expérience spécifique, évolutive.</p>
<p>Le yoga possède, selon Patanjali, huit membres (<em>angas</em>). Ce ne  			sont ni des étapes, ni les niveaux d’une échelle de progression  			linéaire (bien qu’une direction, une flèche du temps soient  			présentées). L’<em>ashtanga </em>yoga offre des moyens de  			transformation et modes de connaissance de soi.</p>
<p>Les liens intimes (jonctions, <em>-yug</em>) tissés entre souffle et  			posture<em> </em>sont au cœur du <em>hatha yoga </em>;<em> </em>celui que  			nous partageons.</p>
<p><strong><em>Une posture de yoga vise :</em></strong></p>
<p>-la proprioception (muscles, articulations, tendons);</p>
<p>-les circulations sanguine et lymphatique;</p>
<p>-la vie végétative :</p>
<ul>
<li>stimulation mécanique des organes;</li>
<li>action-réflexe sur le système nerveux périphérique (plexus,  				moelle épinière, zones sensibles -telles la muqueuse du  nez ou  				la plante des pieds);</li>
<li>action conjointe de la respiration et de la circulation;</li>
<li>système nerveux central (à divers niveaux et selon de multiples  				voies et boucles d’information-stimulation);</li>
</ul>
<p>-le psychisme (schéma corporel, intégration  			psychosomatique, vécu postural, manière de sentir, ressentir,  			concevoir et vivre le corps -le sien, celui d’autrui); la mémoire du  			corps;</p>
<p>-la conscience (attention, éveil, intuition d’être).</p>
<p>L’<em>âsana</em> procède par « imprégnation » c-à-d. : une  			action lente, en profondeur. Les temps de réaction des divers  			tissus, organes et systèmes varient fortement : de la demi-seconde à  			plusieurs minutes (fibre musculaire, tendon, vasomotricité, systèmes  			végétatifs, par exemples, ont des latences fort différentes). La  			tradition indienne mesure généralement la durée des postures en  			nombre de cycles respiratoires.</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"> <strong>Respirer (au  			cours d’une séance-type)</strong></span></em></p>
<p><strong> <span style="text-decoration: underline;">Installation, ouverture</span>.</strong></p>
<p>Donnez sens au yoga. Inscrivez-le dans un cheminement  			d’ensemble. Evoquez de bonnes séances antérieures, savourez celle  			que vous entamez. Evitez les attitudes négatives, défensives (lutter  			contre le stress, l’agitation, la maladie,  etc.). Faites du yoga  			pour le plaisir (<em>âsanajeya</em>), la santé, la connaissance, le  			mieux-être partagé. Soyez attentif,  « spectateur engagé ».</p>
<p>Quelques massages manuels ou internes (par des micromouvements  			d’installation et autres gestes intériorisés tels les « <em>mûdras  			vertébraux</em> ») complètent agréablement l’assise, la disponibilité  			physique et mentale aux divers exercices conçus comme une succession  			de formes évolutives (cf. la métaphore du <em>morphing</em>).</p>
<p>Malaxez le ventre, réveillez les pieds, les mains; apaisez le  			visage. Introduisez très délicatement le contrôle respiratoire.</p>
<p>Expressif, le souffle est psychique. Ressentez-le dans toutes vos  			fibres. Chantez la mélopée du souffle. Ebauchez la vocalisation dans  			un geste dépouillé, la simple émission de : Ah/Ha (<em>mantra</em> a  			minima). La fluidité du souffle laryngé répond à l’élasticité du  			ventre.</p>
<p>Exhiber l’intimité du respir frôle l’indécence.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Echauffements</span>.</strong></p>
<p>Respirez profondément (minimum : inspir : 3 secondes;  			expir, 6). <span style="text-decoration: underline;">Associez la respiration à la prise de conscience de la  			colonne vertébrale</span> (marquez un temps d’arrêt inspiratoire aux  			points sensibles ou bien : parcourez mentalement la colonne en  			apnée, en un ou deux cycles respiratoires virtuels).</p>
<p>Vous pouvez également lancer une brève rafale d’hyperpnées (50  			cycles) suivie de frictions et touchers divers.</p>
<p>Parmi les exercices d’échauffement, notons : les roulades, bascules,  			étirements, extensions/flexions et l’assouplissement spécifique des  			principales articulations (en particulier, la nuque, les épaules,  			genoux, la jonction lombosacrée et la coxo-fémorale).</p>
<p>Les gestes rythmés facilitent l’apnée spontanée, brève (une douzaine  			de secondes, au plus).</p>
<p>Les personnes plus entraînées peuvent y ajouter des mouvements  			« haute fréquence », tremblés.</p>
<p>Chaleurs et rythmes (de la pulsation au frisson)  			manifestent parfois l’éveil du souffle.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">La posture</span></strong>.</p>
<p>La  posture est d’abord imaginée, mimée dans le corps  			(non pas « visualisée » : ces images sont motrices, proprioceptives  			et viscérales !). Une recherche neurologique récente montre que les  			réactions cérébrales sont quasi les mêmes dans l’exécution réelle et  			imaginaire d’un mouvement. Il est prouvé, d’autre part, que la  			« répétition mentale » améliore nettement les performances  			sportives.</p>
<p>Un « truc » : le geste virtuel gagne en réalisme si la respiration  			reproduit celle du mouvement réel.</p>
<p>Dans l’exécution effective de la posture, la  respiration commence  			par s’adapter au relief  postural. Après une douzaine de cycles,  			l’expir abdominal est allongé (l’inspir s’amplifie par contrecoup).  			La respiration se coule lentement dans le moule qu’est l’<em>âsana</em>.</p>
<p>Conjuguez les sensations. Les touchers internes, les  			mouvements abdominaux et vertébraux se vivent aussi dans la tête.  			Posé en toile de fond, l’éprouvé labyrinthique donne une connotation  			dansée à l’ensemble de la séance.</p>
<p>Suivez les effets de la posture à la trace par une  			thermoscopie subjective. Cette fois, vous visualisez -en trois  			dimensions- les plages chaudes, activées. Entrez en contact avec vos  			organes considérés comme des êtres autonomes habitant l’organisme  			qu’ils constituent. Apprenez à les reconnaître. Repérez les signes  			pertinents. Faites-en un code, le support d’une communication.</p>
<p>Si le travail est sophistiqué : couplez-le avec des micromouvements,  			des impulsions rythmées et autres gestes internes. A ce point, la  			distinction entre <em>âsana, kriyâ, mudrâ </em>s’estompe.</p>
<p>En mouvement, veillez à la parfaite synchronisation geste-souffle !  			Dans l’effort, prenez appui sur l’expir : le diaphragme est le  			tremplin de tous vos élans.</p>
<p>Il va de soi que des règles aussi générales appellent nuances et  			commentaires. Nombre d’exercices ont une respiration spécifique.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Après la posture (ou une séquence). </span></strong></p>
<p>Notez-en les effets dans la mémoire du corps. Si votre  			pratique se veut tonique, enregistrez ses traces en pause  			inspiratoire (à faible volume, mais dynamisée par les pressions et  			succions idoines).</p>
<p>Une brève rêverie associative assimile l’<em>âsana</em> en mémoire  			vive, somatique. Cette détente est une sorte de <em>yoga nidrâ</em> centré sur le vécu postural et sa représentation (réaliste &#8211; par  			l’évocation des applications à la vie quotidienne, &#8211; ou fantaisiste,  			voire fantasmatique ou symbolique). La respiration module la  			vigilance.</p>
<p><strong>\   <span style="text-decoration: underline;">Fin de  			séance.</span></strong></p>
<p>Passez à l’énergétique du souffle, le <em>prânayâma</em> proprement dit (respiration alternée, soufflets, respir virtuel en  			apnée, etc.).</p>
<p>Une séance s’achève en détente ou méditation. En fait, vous y étiez  			dès l’origine. L’attention aux transitions, l’allure, la quiétude du  			geste oculaire ( yeux clos, parfois révulsés en <em>bhrûmadhyadrishti</em> ), le silence, l’identification de soi au fond sur lequel  			apparaissent les formes posturales assurent l’éveil contemplatif.</p>
<p><em>Hatha </em>et <em>râja yogas </em> se fondent dans la  			claire lumière du souffle. Les regards yeux ouverts ou clos ne s’y  			distinguent plus (quelquefois la distinction veille/sommeil perd sa  			pertinence). <em> </em></p>
<p><strong><em>Le souffle dans les textes</em></strong></p>
<p>André Van Lysebeth                Pranayama. La dynamique du  			souffle.</p>
<p>Paris, Flammarion,  			1969.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le souffle tisse l’homme&nbsp;&raquo;</p>
<p>Atharva Veda, X, 2, 131.</p>
<p>&laquo;&nbsp;D’autres (yogis) offrent (en oblation) le souffle inspiré dans le  			souffle expiré et le souffle expiré dans le souffle inspiré par  			réduction des flux d’inspir et d’expir. Ils se fondent dans la  			maîtrise du souffle.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Bhagavad Gitâ, IV, 29.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Coupant tout contact avec l’extérieur, fixant le regard entre les  			sourcils, le sage égalise les inspirations et expirations dans les  			narines.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id., V, 27.</p>
<p>&laquo;&nbsp;La pause expiratoire ou l’expérience du souffle&nbsp;&raquo;  (&#8230; amènent  			aussi la quiétude décrite aux versets précédents).&nbsp;&raquo;</p>
<p>Yoga Sûtra de Patanjali, I, 34.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bien établi en une pose stable et agréable, absorbé en l’illimité,  			relâchant tout effort, toute volonté, l’on se libère des dualités.  			Alors cessent les mouvements d’inspir et d’expir. Là se vit le <em> Prânâyâma</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id., II, 46.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Une quatrième modalité du souffle transcende l’inspir et l’expir.  			La lumière consciente y cesse d’être obscurcie. Là, le psychisme  			accède à la contemplation.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id., II, 51 à 53.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Quel besoin des innombrables autres postures lorsqu’on a atteint la  			perfection en <em>Siddhâsana ?</em> Quand le <em>prâna</em> est  			attentivement contrôlé, le souffle s’arrête de soi, les fonctions  			psychiques se suspendent et la triple ligature s’effectue  			spontanément.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Hatha Yoga Pradîpika, I, 41-42.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bien assis en lotus, paumes superposées, menton calé contre la  			poitrine, contempler ce qui réside dans le coeur. Sans arrêt, tirer  			l’<em>apâna vayû</em> vers le haut et pousser le <em>prâna</em> inspiré  			vers le bas. Ainsi, par la puissance de la <em>Shakti</em>, se produit  			un éveil supérieur.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id. I, 48.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Frictionner le corps avec la transpiration produite par le travail  			du <em>prânayâma</em> lui donne fermeté et légèreté.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id. II, 13.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On doit pratiquer <em>sahita-kumbhaka</em> jusqu’à ce qu’on obtienne  			le succès en <em>kevala-kumbhaka</em>, qui est la rétention du souffle  			avec aisance, sans expir ni inspir.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id. II, 72.</p>
<p>&laquo;&nbsp;(&#8230;) C’est par le <em>kumbhaka</em> qu’a lieu l’éveil de <em> kundalinî</em> (&#8230;)&nbsp;&raquo;</p>
<p>id. II, 75.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Celui qui, avec aisance et naturel, demeure éveillé comme s’il  			dormait, ayant suspendu inspir et expir, est assurément un être  			libéré.&nbsp;&raquo;</p>
<p>id. IV, 112.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Installez d’abord l’apnée, fixez ensuite l’esprit entre les  			sourcils. Evacuez tous désirs; dégagez-vous de tous les objets de  			perception. Ressentez et méditez l’impression de défaillir. Unissez  			mental et <em>âtman</em>.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Gheranda Samhitâ, V, 83.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Lorsqu’il réussit à accomplir le <em>kevalî prânâyâma</em>, alors  			seulement on l’appelle un connaissseur du yoga. (&#8230;)&nbsp;&raquo;</p>
<p>id. V, 96.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Quand il peut suspendre le souffle à volonté, certainement il a  			atteint la perfection en <em>kumbhaka</em>. Et lorsque le <em>kevala  			kumbhaka</em> est parfaitement maîtrisé par le <em>yogin, </em>qu’y  			a-t-il en ce monde qui ne soit à lui ?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Shiva Samhitâ, III, 47.<em> </em></p>
<p>&laquo;&nbsp;A la fin de l’arrêt du souffle au moyen du <em>kumbhaka</em>,  			l’esprit doit cesser d’avoir aucun support. En s’exerçant de cette  			manière, on parvient au <em>Râja-yoga.</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>Hatha Yoga Pradîpikâ (trad. T. Michaël), II, 77.</p>
<p>Fayard, 1974.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les deux causes</p>
<p>par lesquelles l’esprit fonctionne</p>
<p>ou ne fonctionne pas</p>
<p>sont d’une part l’ensemble</p>
<p>des souvenirs hérités</p>
<p>et d’autre part l’air</p>
<p>qu’on inhale et exhale</p>
<p>inconsciemment</p>
<p>Si l’une des deux causes disparaît</p>
<p>toutes deux deviennent</p>
<p>automatiquement inopérantes.</p>
<p>Il faut donc veiller</p>
<p>au bon fonctionnement des deux</p>
<p>mais surtout s’efforcer</p>
<p>de maîtriser la respiration.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Yogakundalîni Upanishad</em>,  			1-2; trad. J. Varenne.</p>
<p>&laquo;&nbsp;(&#8230;)</p>
<p>Enfin, retenir l’air,</p>
<p>sans l’expirer, ni l’inspirer,</p>
<p>dans l’immobilité absolue :</p>
<p>c’est là ce que l’on nomme</p>
<p>la Tenue du souffle.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Amritanâda Upanishad</em>,  			13; idem.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Puisque le <em>prâna</em> participe de la vie du corps en général (<em>jîva</em>),  			de la respiration, de la pensée, des organes sensoriels, il suffit  			de le maîtriser pour maîtriser cet ensemble.</p>
<p>Les diverses pratiques à cet effet varient selon une plus ou moins  			grande subtilité. Mis en branle grâce à elles, les souffles ne se  			conforment plus à leur cours habituel suivant lequel le souffle  			expiré (<em>prâna</em>) part du coeur   -en fait il part du bulbe mais  			on n’en a pas conscience-   et s’achève à douze de doigt du nez  			tandis que le souffle inspiré (<em>apâna</em>) va de l’extérieur  			jusqu’au coeur. Qu’un <em>yogin</em> prenne conscience de ces deux  			points de repos et qu’il suspende sa respiration en maintenant les  			deux souffles à leur point d’origine  -le vide où ils se reposent-   			alors ces souffles en s’intériorisant se chargent d’énergie et  			s’élancent dans la voie médiane.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L. Silburn, La Kundalinî, Paris, Les Deux Océans,  			p. 58.</p>
<p>&nbsp;&raquo; Le souffle commence par s’intérioriser à la jonction de deux états  			que nous qualifierons de crépusculaires car avec eux la pensée  			cesse. Ainsi entre veille et sommeil, ou au réveil, quand on est  			encore assoupi, les souffles inspiré et expiré se reposent dans le  			coeur et le <em>yogin</em> éprouve une première félicité qui, relevant  			du sujet connaissant, est dite personnelle (<em>nijânanda</em>).   			(&#8230;)</p>
<p>C’est sans le désirer, sans rien attendre, sans rien imaginer qu’il  			faut prendre son repos dans le coeur à la jonction des souffles  			inspiré et expiré. Ce repos dure une à deux minutes et le souffle,  			devenu subtil, sort imperceptiblement. Puis, suspendu, il se  			stabilise dans le vide de toute objectivité et engendre l’ivresse.  			(&#8230;) Quand, à l’intérieur de la voie médiane, les souffles <em>prâna </em>et <em>apâna</em> se font équilibre en <em>samâna, </em>souffle égal  			ou fusionnel, le monde apparaît au <em>yogin</em> comme plongé dans un  			état d’égalité : toutes les forces y sont bien apaisées et  			harmonieuses. (&#8230;) A partir de ce moment seule règne la  			spontanéité. (&#8230;) Amour et dévotion accrus offrent la possibilité  			de franchir cette étape où effort, concentration de la pensée,  			récitation de <em>mantra</em> se révèlent totalement inutiles. (&#8230;)</p>
<p>Le souffle pénètre alors rapidement dans le centre inférieur et  			n’est plus qu’élan; c’est le souffle vertical (<em>udâna</em>) qui  			s’élève à l’intérieur de la voie médiane en dévorant toute la  			dualité : sujet et objet, inspiration et expiration, etc.</p>
<p>id., 95-97.<em> </em></p>
<p>&laquo;&nbsp;L’Inde (&#8230;) préfère penser que nous recevons tous à notre  			naissance un souffle vital et que la respiration a pour fonction de  			le faire circuler dans le corps.  (&#8230;)</p>
<p>Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le mot <em>prâna</em> (correspondant exactement au latin <em>plenum</em>) signifie d’abord  			&laquo;&nbsp;plénitude&nbsp;&raquo;; analysé fautivement, on a cru y reconnaître la racine  			verbale <em>an</em> (souffler) (&#8230;)</p>
<p>Le but du <em>prânâyâma</em> est donc de contrôler l’énergie mise en  			oeuvre dans la respiration. Ce contrôle est, en fait, un  			ralentissement progressif du rythme respiratoire, d’une part, grâce  			au prolongement de l’inspiration et de l’expiration, d’autre part  			(et surtout), par un accroissement au maximum de la pause. Dans la  			pratique, c’est sur cette dernière que portent tous les efforts du  			yogin.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jean Varenne : Aux sources du Yoga (Ed. J.  			Renard, Paris, 1989), pp. 113-114.</p>
<p><em>* <strong> Au-delà de l’Inde </strong>: </em></p>
<p>&laquo;&nbsp;(un ami) &#8230; doit lire <em>La Grande Libération par l’Ecoute</em>, la  			bouche tout près de l’oreille du mort sans l’effleurer, au moment où  			la respiration extérieure cesse mais que le souffle intérieur de vie  			n’a pas encore disparu.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Livre des morts tibétain, Albin Michel, pg.82.</p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"> </span></em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Lorsque cesse la respiration extérieure et que le souffle afflue  			dans le canal subtil central et que la connaissance apparaît comme  			étant lumière, lucidité de l’esprit en laquelle rien n’est produit.  			(&#8230;)</p>
<p>La période allant de l’instant où la respiration extérieure a cessé  			jusqu’à ce que le courant vital se retire &#8230; dure à peu près le  			temps de la consommation d’un repas.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">© Willy Van Lysebeth  Tous droits réservés</span></strong></p>
<p>W. Van  Lysebeth</p>
<p>Fascicule n° 1,  novembre 2003</p>
<p><em> La relaxation</em></p>
<p>Expérience de  lâcher prise, d’<em>attention </em>à la fois rêvassante et dirigée, le cheminement  intuitif de la relaxation nécessite un cadre approprié.</p>
<p>Chacun pense  au cocooning : l’ambiance calme, reposante, enveloppante. Les <em>métaphores </em> de base s’apparentent, consciemment ou non, au <em>maternage </em>et à la <em> petite histoire</em> racontée lors de la mise au lit. Mais, la relaxation n’est  pas réductible à ce partage réparateur de bonnes-et-belles sensations. Elle est  un apprentissage : l’éducation progressive de fonctions corporelles et mentales.  Sous cet angle, la relaxation est plus <em>maîtrisée</em>.</p>
<p>Le cadre-type  offre un <em>bain sensoriel </em>chaleureux et sécurisant à tous les sens (les  « cinq » et d’autres : orientation, équilibre, intéroception&#8230;).</p>
<p>Notons en  particulier l’éclairage, le silence (ou l’ambiance musicale), le confort  postural, les espaces et leur forme, les couleurs  &#8211; la psychologie des couleurs  mérite quelque attention &#8211; le confort thermique : une température effective  adéquate (= conjonction humidité-vitesse de l’air-température). La climatisation  et autres stimuli électromagnétiques peuvent troubler les personnes sensibles.  Signalons aussi le mobilier.</p>
<p>Le rapport  entre les personnes dépend de la méthode choisie. Le recours au toucher, à des  techniques complémentaires (tel le massage) ou l’interprétation de la  relation    (dans le cadre de la <em>relaxation psychothérapeutique</em>, par  exemple) déterminent l’aire de travail et son aménagement : distance entre les  personnes, position dans les champs visuels respectifs, etc.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">© Willy Van Lysebeth   Tous droits réservés</span></strong></p>
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		<title>De la valeur du silence Yehudi Menuhin</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 15:54:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles yoga]]></category>

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		<description><![CDATA[Silence – Que l’on demande précisément à un musicien de parler de quelque chose qui, apparemment, est à l’opposé de tout ce qu’il représente peut sembler absurde ou, à tout le moins, paradoxal. Mais c’est précisément cela que je voudrais expliquer, si vous avez la patience de m’écouter en silence tandis que je vous exposerai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Silence – Que l’on demande  précisément à un musicien de parler de quelque chose qui, apparemment, est à  l’opposé de tout ce qu’il représente peut sembler absurde ou, à tout le moins,  paradoxal. Mais c’est précisément cela que je voudrais expliquer, si vous avez  la patience de m’écouter en silence tandis que je vous exposerai ce que, pour  moi, musicien, signifie le silence.</p>
<p>Le silence n’est-il pas «  l’essence des choses souhaitées, la preuve des choses inexaucées » ? Dans ce  monde affreusement congestionné, il s’est transformé en absence, en vide, que  nous comblons par nos bavardages futiles plutôt que par cette substance réelle,  qui est un état en soi.</p>
<p>Et ces choses « inexaucées » ne  sont-elles pas cette petite voix douce que nous ne pouvons plus percevoir dans  cet effroyable vacarme avec lequel nous remplissons notre vie ?</p>
<p>Le silence est une tranquillité  mais jamais un vide : il est clarté mais jamais absence de couleurs ; il est  rythme à l’image d’un battement de cœur sain ; il est le fondement de toute  pensée et par là celui sur lequel repose toute créativité de valeur. Du silence  naît tout ce qui vit et dure ; celui qui détient en lui le silence peut  affronter avec impassibilité le bruit extérieur ; car c’est le silence qui nous  relie à l’univers, à l’infini, il est la racine de l’existence et par là  l’équilibre de la vie.</p>
<p>Il est à la fois tangible et  intangible et c’est dans ce sens que j’ose l’appeler musique – « Musique des  sphères » de Milton ; car il y a dans le silence ce flottement inextinguible qui  constitue l’essence et la preuve de son existence. Comment et pourquoi  l’avons-nous perdu ? Ou bien ne l’avons nous égaré que par distraction et ne  pouvons-nous plus maintenant le retrouver, ce qui expliquerait que nous  comblions constamment par des ordures le vide qu’il a laissé au lieu de  rechercher la tranquillité ?</p>
<p>Ne craignons-nous pas le silence  comme s’il représentait une autorité ou un reproche ? N’a-t-il pas été chassé  par l’agitation frénétique de nos journées ? L’avons-nous perdu ou nous a-t-il  quittés ? Est-ce la mort qui même aujourd’hui fait cesser le bruit ou pour citer  encore Milton : « Le calme du soir arrivait et un crépuscule gris habillait  toute chose dans son vêtement sobre ; le silence l’accompagnait… », etc. Nous  apporte-t-il la peur plutôt que la détente, plutôt que le calme une désagréable  appréhension qui s’empare de nous dans une période de crainte et d’inquiétude  constante ? Comme nous avons en grande partie perdu la foi en une conception  universelle de la vie considérée comme l’union du corps et de l’âme et dans  laquelle une idée supérieure se reflète – nous redoutons maintenant cet écho  vide qui comble notre vide interne et qui nous trouble de manière aussi  inexplicable.</p>
<p>Je n’oublierai jamais le jour où  pour la première fois j’ai ressenti ce silence ineffable, cette sérénité, la  paix et le silence des « sentiments sur lesquels on médite en toute tranquillité  » , sur les rives du lac Tahoe, un gigantesque lac à 1500 mètres d’altitude dans  la sierra californienne. La barque me balançait doucement sur les vagues et  j’écoutais le doux clapotis de l’eau sur les pierres du rivage et soudain je fus  traversé par la pensée que la première pensée objective de l’homme devait et ne  pouvait avoir lieu qu’à cette heure du jour.</p>
<p>Mes contemporains me peinent  infiniment – car comment parvenir à cette béatitude si la caractéristique  essentielle de notre époque est la densité en croissance constante ? Ce n’est  pas tant un problème de surpopulation qu’une sorte d’appétit déraisonnable, une  soif insensée. Apparemment nous ne pouvons pas voir un espace libre, un bref  instant ou un ventre sans le considérer aussitôt comme un objet à combler au  plus vite.</p>
<p>La création elle-même présuppose  un espace vide. Par « vide »je n’entends pas non-existant, j’emploie ce terme au  sens de l’empreinte directe du créateur.</p>
<p>Dans un monde débordant  d’opportunisme, d’images concrètes du profit, peut-on lutter pour des vérités  limpides, claires et prétendument inutiles du silence et du temps qui s’écoule  lentement ?</p>
<p>Ainsi, même nos pensées sont  déjà un piège. Nous sommes devenus naïfs au point de croire qu’il n’y a pas  mouvement lorsque rien ne bouge et que lorsqu’un corps semble se reposer, c’est  qu’il est heureux et serein. Mais nos pensées et la nature même de nos pensées  en disent sans doute beaucoup et même plus sur nos insuffisances et nos maux que  toutes les manifestations extérieures de notre activité ou de notre violence.</p>
<p>Le silence absolu que je  qualifierais de sacré est avant tout le silence du cœur et de l ‘esprit. Ce  n’est pas un silence de pierre, ni un silence impitoyable ; c’est un silence  empreint de calme, d’amour, de compassion, un silence ouvert, un silence dans  lequel nos vibrations les plus intimes, notre voix la plus authentique – pas  celle qui nous dissimule aux autres et qui nous dissimule les autres – sont  dévoilées à nos amis, à notre famille et au monde entier.</p>
<p>Rien ne protège plus la morale  du démagogue que l’aveuglement provoqué par le son de sa propre voix.</p>
<p>Imaginons quel effet annihilant  aurait eu le silence, si on avait pu l’imposer aux masses rassemblées dans les  stades et contraintes d’écouter le démagogue, pour leur permettre d’entendre les  battements angoissés de leur cœur sans pouvoir reprendre souffle dans ces  hurlements sauvages.</p>
<p>Le silence a autant de facettes  que le bruit. Il peut être le silence de la vie – lorsque dans le silence une  fleur s’ouvre – ou le silence de la mort. Il peut être le silence de la peur –  comme le son d’un rire d’enfant ou d’une belle musique serait doux aux oreilles  d’un prisonnier seul dans une cellule ! Et à l’inverse : comme la mère harassée  et constamment exposée aux cris stridents de ses enfants apprécierait le  silence.</p>
<p>Pour moi, musicien, ce sont  peut-être les passages silencieux dans la musique de Beethoven (appelés à tort «  pause » en musique) qui me sont les plus chers, ces silences qui tels les  intervalles séparant deux nuages chargés d’orage portent en eux la puissance de  l’éclair. Ou peut-être aussi le silence qui suit une interprétation de la  Chaconne de Bach dans une grande église – un silence de communion et de respect.  Une belle musique appelle le silence et crée de l’espace.</p>
<p>Silence et espace sont les  créations préalables à la vie, au mouvement, à la pensée et à l’inspiration.  Périodiquement, constamment nous devons revenir aux sources : écouter et non  parler, attendre et non faire, renoncer et non affirmer, réfléchir et non  conclure ; revenir aux sources éternelles de la vie, de la musique, de l’art.  Nous devons pouvoir les retrouver dans les buissons sacrés comme dans la Grèce  antique, dans des reliquaires, des temples et des églises, dans des jardins,  dans des parcs de Londres – et j’aimerais que nous puissions aussi les trouver  dans la rue et en nous-mêmes.</p>
<p>Nous avons créé un monde citadin  et rabaissé la campagne au même niveau. Cela signifie un besoin plus fort que  jamais de s’évader de ce bruit et de cette densité qui sont devenus  intolérables. Les choses que l’homme a conçues, les immeubles et les rues, ne  dégagent aucun sens d’une harmonie avec la nature ou avec nos sources  d’inspiration, ni avec Dieu ni avec nous-même. Nous avons tout sacrifié à cette  bien triste situation dans laquelle le terme de silence n’est plus employé que  dans son acception négative : pour ce qu’on ne peut pas dire. C’est là le sens  profond de ce que voulait dire Shakespeare en écrivant : Le repos, c’est le  Silence.</p>
<p>Discours prononcé dans la Saint  James Church de Londres en 1977.</p>
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		<title>Qu’est-ce que le yoga dans la pratique?</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 15:53:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles yoga]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici un extrait d’une conférence que le Dr Bhole a faite à l’hôpital de Padova (I) où il expose sa méthode. Docteur Bhole, médecin, yoga thérapeute indien, est titulaire de la haute distinction de Docteur en Sciences Yoguiques décernée par la Fondation de la Recherche sur le Yoga de Swami Vivekananda à Bangalore; mondialement connu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Voici un extrait d’une  conférence que le Dr Bhole a faite à l’hôpital de Padova (I) où il expose sa  méthode.</strong></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>Docteur Bhole</strong>,  médecin, yoga thérapeute indien, est titulaire de la haute distinction de  Docteur en Sciences Yoguiques décernée par la Fondation de la Recherche sur le  Yoga de Swami Vivekananda à Bangalore; mondialement connu pour ses travaux de  recherche dans le domaine de la physiologie du Yoga il a voué toute sa carrière,  de 1959 à 1995, à l’ institut Kaivalyadhama de Lonavla (Pune), où il fut  disciple de Swami Digambarji (successeur de Swami Kuvalyananda); il y occupa les  fonctions de Codirecteur du département de la Recherche Scientifique sur le Yoga  et celle de Directeur de publication de la revue scientifique « Yoga Mimansa »  éditée par le Centre. L’Institut de Kaiva­lyadhama est l’un des trois Centres  des Hautes Etudes de la Recherche sur Ie yoga reconnu par le Ministère de la  Santé du Gouvernement indien; il est constitué d’un Département littéraire et  philosophique, d’un Département scientifique et d’une école de formation; il a  été crée au début du 20ème siècle par Swami Kuvalyananda, grand humaniste  indien, pionnier de l’inter­prétation scientifique du yoga traditionnel issu des  Veda.</p>
<p>A la retraite depuis 1995 le  Docteur Bhole consacre son temps à des séminai­res dans de nombreux pays  notamment en Europe et nous fait l’honneur de venir au Grand Duché de Luxembourg  au sein de la Fédération de yoga (FNELY) depuis plus de 7 ans.</p>
<p>Doué  d’un esprit pragmatique il transmet avec générosité et simplici­té la  quintessence de ses nombreuses investigations dans tous les domaines et aspects  du yoga : littéraire, thérapeutique , éducatif et spirituel. Sa particularité  est d’amener une compréhension claire des concepts fondamentaux des textes  traditionnels du yoga sous l’éclairage des neuroscien­ces actuelles et à travers  l’expérience directe de la pratique.</p>
<p><strong> Le terme « yoga » </strong>signifie <strong>« </strong>union <strong>», « </strong>contact <strong>»; </strong>en effet, une union avec quelqu’un ou quelque chose est  constamment présente, consciemment ou au niveau de l’inconscient. Même dans le  sommeil profond nous sommes constamment en contact avec une chose ou avec une  autre; et c’est justement à travers ce contact qu’à un moment donné nous nous  réveillons et nous nous activons.</p>
<p>Le yoga peut être considéré dans ses deux principaux  aspects: le <strong>« </strong>yoga matériel <strong>», </strong>à la base duquel il y a l’union  avec tous les objets du monde extérieur avec lesquels nous nous sommes mis en  relation grâce aux organes sensoriels et le «yoga spirituel <strong>» </strong>à la base  duquel il y à l’union avec soi-même.</p>
<p>Pour  utiliser un langage médical, je pourrais dire que nous pouvons être conscients  des différents stimuli sensoriels ou bien que nous réagissons à une stimulation  intérieure que nous pouvons appeler <strong>«</strong>proprioceptive<strong>», «</strong>visceroceptive »  ou <strong>«</strong>vestibulaire<strong>». </strong>Ce sont en effet les trois portes d’entrée qui  nous permettent d’être en contact avec nous mêmes.</p>
<p>En  général, personne n’est éduqué pour utiliser ces stimulations internes. Nous ne  les percevons que lorsqu’elles   nous donnent des sensations de déséquilibre ou  de gène que nous essayons de résoudre en nous adressant à la médecine, à la  psychothérapie ou à la physiothérapie.</p>
<p>La  physiothérapie travaille essentiellement au niveau cortical, tandis que le yoga  devrait travailler au niveau sous-cortical, en essayant d’utiliser la  respiration et la conscience de la posture. La physiothérapie agit également sur  la respiration, mais pour améliorer la ventilation ou le drainage pulmonaire et  non pas directement sur la mécanique respiratoire, qui est dans le yoga le point  de départ pour travailler sur soi et son bien-être.</p>
<p>Comme la médecine, le yoga nous parle aussi de  cavité: cavité dorsale, abdominale, thoracique, pelvienne, crânienne, etc.</p>
<p>Dans le yoga on essaye de faire l’expérience de ces  cavités. Cela peut sembler un peu bizarre car en effet la médecine ne nous parle  pas de cavités réelles mais de cavités potentielles, tandis que le yoga veut  amener la personne à faire l’expérience de « l’espace interne ».</p>
<p>Il y a des mécanismes de contrôle aux différents  niveaux du corps: au niveau spinal, cérébral et plus haut jusqu’au niveau  cortical. On pense généralement que seuls les centres corticaux sont importants  et que les centres spinaux le sont moins. Dans  le yoga, nous travaillons en par  segment et par niveau, nous connaissons l’activité réticulaire et l’activation  ascendante et descendante. Cela est important pour un individu qui doit  pratiquer sur lui-même.</p>
<p>Il y à des centres de contrôle également au niveau  de l’hypothalamus; les maladies chroniques, en général, concernent les organes  internes et les centres de contrôle se trouvent au niveau sous-cortical, pour  cette raison, en yoga nous essayons d’aider les personnes à se rendre compte de  cette différence. Il ne s’agit pas de donner une leçon mais un enseignement et  une éducation.</p>
<p>Dans  le yoga nous travaillons beaucoup la «mécanique respiratoire», le langage  scientifique nous dit que les «centres de l’inspiration» se trouvent dans la  partie basse du cerveau c.à.d. le tronc cérébral, dans le langage yoguique le  discours s’appuie sur cette même base.</p>
<p>En  effet, la respiration n’est pas considérée comme un échange gazeux: dans les  textes yoguiques on ne fait jamais référence au gaz carbonique ou à l’oxygène,  dont on ne peut pas faire l’expérience de par nous-même.</p>
<p>En yoga on parle de la respiration comme étant  une des activités existentielles fondamentales. On  peut dire que la qualité de  notre respiration est équivalente à la qualité de notre vie, sans jamais  mentionner la qualité de l’échange gazeux, mais en <strong>se </strong>référant  directement à la qualité de la mécanique respiratoire et de l’expérience que  nous sommes capables d’en faire.</p>
<p>« Je  voudrais que chaque rencontre avec l’élève ou le patient se transforme en  quelque chose du domaine de l’expérience; j’invite toujours la personne à faire  de petites expériences de type pratique qui me servent ensuite à établir un  «diagnostique yoguique» .</p>
<p>Je  divise le corps en segments horizontaux, depuis le périnée jusqu’à la région  claviculaire et à la gorge; je prends en considération les quatre plans  verticaux: antérieur, postérieur, latéral droit et latéral gauche; avec l’aide  de l’appui des mains aux différentes hauteurs et zones, <sub> </sub>j’invite à  faire l’expérience de la présence du mouvement respiratoire.</p>
<p>J’invite à respirer de façon naturelle.</p>
<p>On  aperçoit rapidement que le mouvement est présent à l’avant du corps et presque  absent à l’arrière, il est naturel de se demander pourquoi, étant donné que dans  la respiration naturelle le diaphragme monte et descend et que ces mouvements  créent des variations de pression autant dans la cavité abdominale que dans la  cavité  thoracique. Pourquoi cela ne se passe pas aussi au niveau dorsal?</p>
<p>On pourrait  dire que le dos est plus musclé que la partie antérieure et que si la  musculature dorsale se détendait suffisamment le mouvement respiratoire devrait  s’y placer sans problème.</p>
<p>En médecine nous savons que les tensions du  dos créent beaucoup de problèmes au niveau des vertèbres, à tel point qu’il est  nécessaire de les détendre artificiellement si le patient n’est pas capable de  le faire de par lui-même.</p>
<p>En yoga nous préférons agir à travers des  étirements passifs et des pratiques de relaxation musculaire; la présence des  mouvements respiratoires dans le dos nous indique que les muscles dorsaux se  sont détendus.</p>
<p>Le conseil que je donne toujours est celui de  consacrer chaque matin un peu de temps à la pratique, avant de commencer la  journée et le soir avant de se coucher.</p>
<p>La correction et l’expérience des mouvements  respiratoires sont  la clef pour débuter le travail réel en yoga.</p>
<p>A travers ce type de pratique je peux amener  l’élève à faire l’expérience de lui-même, à prendre conscience des zones à  l’intérieur du corps dans lequel il pourrait y avoir des déséquilibres ou des  tensions et arriver ainsi à un autodiagnostic.</p>
<p>Grâce à ces pratiques, on peut arriver à faire  l’expérience du mouvement respiratoire tout au long du corps en passant d’un  état de tension à un état de détente.</p>
<p>Et quand l’expérience arrive au centre et se  manifeste sur le plan horizontal, on a la sensation d’avoir un comportement  intérieur semblable à celui d’une fleur de lotus dont les pétales s’ouvrent et  se ferment.</p>
<p>Naturellement, il est nécessaire de parler à  présent de l’importance de l’enseignant.</p>
<p>Comment suivre l’élève? Comment le guider ? Quelle  nouvelle échelle de valeurs pouvons nous lui donner? Quels sont les buts de la  vie? Quelle importance donner à la qualité de la vie?</p>
<p>Après avoir fait un travail sur le plan  physique, on peut passer à des plans plus subtils, les différents corps (<em>Koshas</em>).</p>
<p>Entre autre une pratique très simple se place  au « niveau de la vue»; en général nous sommes conditionnés par tout ce que nous  voyons et cela crée inévitablement en nous un sentiment de désir ou d’aversion <em>(raga/dvesha</em>). Même cette pratique a une base physiologique:</p>
<p>En fermant les yeux nous avons toujours une «  vision en négatif », comme pour le négatif d’une photo.</p>
<p>Ce<strong> </strong>premier moment passé, nous commencerons à percevoir une «transparence  lumineuse » qui peut durer quelques instants, nous amenant à rester dans un état  mental tranquille et non identifié.</p>
<p>Devant  nous il n’y a plus d’objets mais « une pure lumière ». C’est vers la pure  lumière et un sens de paix intérieure durable que nous amène le chemin de  Tapas. »</p>
<p>Article arrangé et mis sous  forme écrite par S.Tescher</p>
<p>Le Dr Bhole animera un  séminaire les 21 et 22 octobre 2006</p>
<p>informations :  <a href="http://www.yoga-federation.lu/"> www.yoga-federation.lu</a> et Tél: 399737</p>
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